Point réglementaire et normatif

  • Les patrimoines Haussmanniens peuvent comme toutes les typologies existantes être rénovés avec l’appui d’unedémarche HQE rénovation ou BBC Rénovation ou RT Existants.

  • En revanche, le caractère historique d’une partie de ces patrimoines entraine des contraintes spécifiques liées au respect de prescriptions spécifiques des ABF
  • Ces bâtiments, par leur distribution dans les cœurs de ville, présente souvent des opportunités multiples en matière de programmation et la stratégie globale de rénovation dépendra in-fine de la destination tertiaire, logement ou commerce de l’immeuble considéré.

 

Descriptif typologique (source APUR)

  • Deuxième moitié du XIXème siècle
  • Alignement sur rue
  • R+5 et 1 niveau de cave
  • Façades : balcon filant à l’étage noble et étage supérieur
  • Façades porteuses asymétrique entre rue et cour
  • Pierre de taille (40 à  50 cm), pan de bois avec remplissage, poutres métallique pour support des plancher (hourdis ou voutains). La fin de la période Haussmannienne voit le développement de la brique en façade porteuse
  • Menuiseries bois et simple vitrage
  • Ventilation naturelle exclusive
  • Toiture en double pente (zinc ou tuiles) et combles
  • Plan d’étage traversant et pièces humides sur cour

 

Alignement-sur-rue

 

 

Les qualités intrinsèques du bâti Haussmannien

  • Typologie bâtie et forme urbaine : l’haussmannien se traduit par une stratégie d’occupation maximale de l’ilot et présente de fait de grandes qualités de connexions avec le tissu urbain.
  • La pierre de taille comme élément de durabilité et de patrimoine : matériau noble et pérenne, la pierre de taille permet de bénéficier d’une grande inertie. Elle permet ainsi raisonnablement un confort d’été sans recourir à des dispositifs actifs de rafraichissement
  • Les cours constituent parfois un ensemble de cours connectées. Elles offrent donc des orientations multiples la possibilité de façades calmes ou d’espaces extérieurs privatifs et qualitatifs
  • Le plan, vertu majeure de l’architecture Haussmannienne, offre des espaces traversant à la distribution rationnelle et efficace.
  • La consommation énergétique avant rénovation reste raisonnable :

à ~ 150 kwhef/m².an en usage logement. Elle pourra atteindre 250 dans les constructions des trente glorieuse pourtant postérieure de 50 ans au cœur de l’époque étudiée

 

150-kwhefm2

 

 

Les contraintes intrinsèques du bâti Haussmannien

  • Le rapport au végétal compliqué. La densité et la forme des toitures ou les cours profondes permettent difficilement un développement végétal luxurient pour accompagner le projet de rénovation. En ce sens, il sera complexe de garantir des débits de fuites modérés sur la parcelle sans recourir à des cuves enterrées ou intégrées dans les caves. Les volumes seront donc limités.
  • Les technologies énergétiques de l’époque de construction étaient sommaires : cheminée ou poêles à charbon. Les immeubles ne sont donc pas historiquement pourvus de réseaux ré exploitables avec les technologies contemporaines.
  • Effet de parois froides et ponts thermiques sont endémiques de la construction Haussmannienne, cependant luter contre ces phénomènes risque de limiter l’exploitation de l’inertie, vertu majeure de ces constructions sur le plan climatique.
  • La ventilation naturelle sinon rien. A l’origine prévue par les fenêtres et bénéficiant des différences de pressions et températures entre les cours abritées et les rues, la ventilation naturelle était la seule ventilation existante. Les exigences actuelles en matière d’acoustique et la proximité des rues rend difficile l’utilisation exclusive de ce mode de ventilation aujourd’hui.
  • L’isolation impossible ? Les pierres des façades sont calcaires et perméables à l’eau. Cet état de fait entraine une sensibilité à l’acidification atmosphérique et ajoute une contrainte dans la stratégie d’isolation thermique. Mal conduite, elle entraine une condensation dans le mur, source de désordres. Cette dernière est toutefois envisageable avec certaines précautions
  • Patrimoine et énergies renouvelables : situés en cœur de ville, et souvent protégées, les immeubles haussmanniens ne sont pas les plus simples à solariser afin d’intégrer des énergies renouvelables dans leur mix énergétique.

 

Première définition nominale de choix de partis

 

Avant de décliner les options techniques, il convient de sérier les approches en trois familles :

  • Seule la façade est conservée comme trace historique et derrière un nouvel édifice est bâti, faisant coïncider ses percements avec les percements historiques (opération onéreuse et engagement technique faible)
  • La façade est recouverte ou réinterprétée, à l’image du travail d’Edouard François sur le Fouquet’s. Il s’agit là d’un geste architectural ambitieux ne pouvant à proprement parler de réhabilitation
  • La réhabilitation fine, démarche plus vertueuse mais aussi plus complexe dans sa réalisation et sa capacité à abriter de nouveaux programmes

 

Eléments de réponses techniques

 

  • Logements ou bureaux, il est capital de préserver les qualités du plan et ménager des espaces traversants, tant pour la lumière que pour la ventilation
  • L’inertie doit être préservée afin de proscrire le recours à la climatisation, en conséquence, il faut probablement accepter l’absence d’isolation sur les façades sur rue. Les façades sur cour sont souvent propices à la mise en place d’une isolation par l’extérieur.
  • Afin de retrouver des performances acoustiques comparables avec les normes actuelles, il est possible de réaliser des chapes acoustiques sur les planchers existants sans renforcer les poutraisons mécaniques. Une approche spécifique devra être envisagée si une charge d’exploitation importante est rendue nécessaire. Ces chapes accueilleront avec pertinence des plancher chauffant.
  • La création d’une ventilation mécanique double flux avec récupération de chaleur, couplée avec la ventilation naturelle par ouvrants reste la solution la plus prometteuse. Les conduits historiques des cheminées peuvent abriter une partie des gaines verticales de VMC.
  • Les châssis, tout en conservant leurs proportions historiques, peuvent être remplacés et équipés de doubles ou triples vitrages. l’usage du bois ou de l’aluminium est possible dans les deux cas. On exclura l’ajout de survitrage pour toute amélioration significative de la performance énergétique ou acoustique
  • La présence de réseaux de chaleur est probable dans les cœurs de ville denses. Cette source d’énergie est souvent vertueuse et présente un mix contenant des énergies renouvelables. La biomasse est très difficile (voire interdite à Paris) à mettre en œuvre dans les centres-villes. A défaut, une chaudière collective à gaz à condensation est la production énergétique la plus pertinente pour ce type de rénovation.

 

… Ou encore plus ambitieux

  • Quand le sous sol le permet, les caves peuvent être occupées par des sondes géothermiques qui exploitent l’énergie du sous sol, sans pour autant prévoir des pompage en nappe.
  • Dans un exercice architectural ambitieux, il a déjà été réalisé un moulage des façades historiques en bfup pour habiller une isolation par l’extérieur (cf rénovation de l’hôtel Fouquet’s par Edouard François)
  • Les cours en elles même peuvent être pensées comme des espaces bioclimatiques. Ainsi, envisager leur fermeture par une verrière restaure une compacité thermique à l’îlot et permet parfois de s’affranchir d’une isolation des façades existantes. Cette option doit être envisagée en cohérence avec les besoins éventuels de désenfumage.
  • Les façades sur cours peuvent être déconstruites et substituées par des façades murs rideaux pour les usages tertiaires
  • Les toitures zinc réinterprétées de manière fidèle (conservation des mansardes, corniches,…) par une mise en œuvre de panneaux photovoltaïques
  • Intégration dans les caves de micro-méthaniseurs ou pompes à chaleur sur les eaux usées pour produire de la chaleur
  • Etc.

 

 déconstruites

 

 

Les spécificités de l’approche Egis en matière de rénovation Haussmannienne

 

  • Maitrise des projets complexes, sites occupés, monuments historiques (musée Picasso, rénovation des façades de la gare de l’Est…)
  • Expérience d’exploitation énergétique de ces patrimoines (Grand palais, Paris Habitat, Opéra Garnier …)
  • Une culture du diagnostic détaillé et multi technique (thermographie, infiltrométrie, commissionnement,…)
  • Une gamme d’outils de simulation énergétique pour anticiper la performance et envisager des engagements fiables d’amélioration
  • Une culture de la créativité pour inventer ou détourner des solutions existantes, développer le sur-mesures et accompagner toutes les architecture d’une valeur ajoutée technique forte
  • Culture architecturale dans les équipes permettant la convergence entre le projet architectural et le projet technique
  • Une ambition tournée vers le développement durable qui fait du groupe un acteur des certifications environnementales (HQE, BREEAM, LEED,…) et énergétique (BBC, plan climat, BEPOS) et en exploitation (HQE Exploitation, BREAM in use)
  • Une expérience des grands projets, soit par leur ampleur individuelle, soit par l’étude de patrimoines complets, au-delà de l’adresse unique, dans une logique d’aide à la stratégie foncière.