En premier lieu, abordons le sujet de manière plus large que la question purement énergétique. Quel est l’état technique de mon patrimoine ? Ses façades, son toit ou ses fenêtres doivent-ils être rénovés de toute façon pour des raisons extra-énergétiques ? Le logement est-il accessible et confortable ? Toutes ces questions vont orienter les choix énergétiques que nous pourrions faire par la suite. Car la rénovation énergétique est une approche de valorisation ou de maintien de la valeur d’un patrimoine, pas une démarche purement militante.

Après un état des lieux des besoins de travaux, et une bonne compréhension de la structure des consommations par un diagnostic détaillé (besoins de chaleur, besoin d’électricité, besoins en eau chaude sanitaire…), il convient de définir différents bouquets de travaux dont l’ambition sera conjointement décidée par le temps de retour énergétique et la création de valeur (de nouvelles fenêtres vont améliorer certes la facture énergétique, mais aussi le confort thermique et acoustique, donner de la valeur à mon bien immobilier en cas de revente…). Il est important de panacher dans un bouquet de travaux, des actions qui parfois sont complémentaires, même si elles ne portent pas sur les mêmes ouvrages. Ainsi, la mise en place d’une VMC double flux avec récupération de chaleur sera d’autant plus efficace, qu’elle sera accompagnée d’une amélioration de l’étanchéité de mon logement par des reprises ponctuelles ou le changement des menuiseries extérieures…

Toute approche mono technique, décidée sur la base d’une proposition spontanée d’un fournisseur de système, passera à côté de tels effets de levier.

Dans mon logement, les consommations spécifiques (liées à mes usages : TV, électroménager, éclairage,…) sont parfois plus importantes que les consommations de chauffage et d’eau chaude. Ainsi, pour un appartement de 60m², le changement des réfrigérateurs, machines à laver et sèches linge de classe F vers une classe A, génère une économie comparable à l’isolation par l’extérieur d’une des façades. L’intérêt patrimonial est moindre mais l’équation économique est nettement plus favorable. Par cet exemple simple, le groupe Egis n’entend pas encourager des rénovations à minima ou des interventions « gadgets », mais au contraire, préconise une approche holistique, globale qui accompagne les actions de long terme (attaquant les gros gisements d’économies avec un long temps de retour) sur des plus faibles gisements générantdes retours rapides, pour préserver l’acceptabilité économique de la transition énergétique. Par ailleurs, un logement étant rénové en moyenne tous les 15 ans, il est judicieux d’anticiper les modes d’usages (départ des enfants, retraite, dépendance…) et d’adapter son patrimoine à son marché futur (accessibilité, adaptation aux canicules…).

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Dans une rénovation privée menée pour son propre compte, il convient de conserver un équilibre entre les trois axes ci-dessous. Pour ce qui est de la rentabilité de l’opération, un chapitre plus spécifique développe les différentes approches de l’évaluation économique d’une opération.

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