Si la presse tend à banaliser la notion d’énergie positive, il est quand même nécessaire de faire un petit point des questions à se poser avant d’engager un projet dans ce niveau de performance.

 

Quelques questions à se poser

  • Quel périmètre de comptage de la « positivité » ? : réglementaire, tous usages confondus, … Le périmètre le plus usuellement retenu est « tous usages », dans certains cas extrêmes, il est parfois envisagé d’intégrer les transports des occupants mais cela est rarissime et discutable.
  • Quel périmètre de comptage temporel : annuel, mensuel, instantané… Il est d’usage de parler en bilan annuel.
  • La positivité du bilan en énergie primaire, ne signifie pas absence de consommation d’énergie finale. Il est probable que sur les derniers kilowattheures, le cout global marginal soit supérieur à un bâtiment de moindre performance (BBC par exemple)
  • Selon les opérations, la possibilité de raccorder le projet sur un réseau énergétique vertueux en ENR peut déterminer la faisabilité ou le surcout de l’opération
  • Un BEPOS (positif) doit en premier lieu être un BEPAS (passif), avant d’imaginer les productions renouvelables intégrées. Le maitre d’ouvrage devra donc se doter d’un corpus programmatique impactant les standards d’usage et s’autoriser à questionner le recours à la climatisation ou un plafonnement des équipements électriques et des consommations réputées relever des preneurs
  • Plus largement, un BEPOS se doit de recourir à l’inertie et à la ventilation naturelle, la typologie des espaces de travail s’en trouve modifiée par rapport aux « produits tertiaires standard »
  • Envisager l’élaboration collective entre les partenaires d’un Engagement Energie Positive qui suppose une mission plus large au-delà de la construction, sur le commissionnement, l’aide au pilotage fin des systèmes et du confort, la communication avec les preneurs et utilisateurs…

 

Premier logigramme sur une définition nominale et les choix de partis

  • Afficher un bilan énergétique positif en additionnant consommations réglementaires à l’autoproduction sur un immeuble de bureau ;
  • Suppose au préalable une démarche très poussée sur sobriété et efficacité énergétique (descendre en deçà des standards réglementaires de RT2012) ;
  • S’assurer de la faisabilité morphologique de compensation de la consommation énergétique par de l’autoproduction énergétique renouvelable ;
  • En première approche, chaque unité de surface devra compenser environ 15 à 20 kWh de consommation électrique annuelle ; un mètre-carré de panneau photovoltaïque, dans de bonnes conditions d’exposition, peut produire  annuellement environ 100kWh électriques (à +/- 30%) pour un coût d’investissement de l’ordre de 500 euros (à +/- 30%). Ce préalable interpelle deux enjeux :
    • Difficile de rendre positif un bâti de bureaux > R+5 ;
    • Un surcoût intrinsèque d’investissement pour la production ~ 100 à 150 euros par m² SHON RT en sus des efforts à fournir pour améliorer l’efficacité intrinsèque du bâti.
    • Suivre les évolutions des politiques de garantie de rachat des EnR.
    • Les lots impactés par la démarche BEPOS sont forts nombreux :
      • Architecture : géométrie solaire, conception bioclimatique, intégration architecturale des ENR et de la VN)
      • Gros œuvre (tolérances dans l’interface avec les façades, recours à l’inertie,…)
      • Infrastructures (fondations géothermiques, puits canadiens)
      • Façades (isolation, facteurs solaires, étanchéité à l’air, transmission lumineuse, VN…)
      • CVC-plomberie-appareils élévateurs : sobriété énergétique, efficacité et panachage des dispositifs de production, régulation, ENR)
      • Electricité (maitrise de l’éclairage artificiel, différentiation des réseaux par usages, smart grids internes, IT autour du pilotage de l’énergie et de la performance)